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mardi 23 août 2011

Le génome d'un corail séquencé

 

http://www.pourlascience.fr/e_img/boutique/acropora_miilepora_medium.jpg



Le génome d'un corail bâtisseur de récif vient d'être séquencé,



ce qui permettra de mieux comprendre la biologie de cet animal.

 



Cécile Fourrage

 

Les récifs tropicaux sont l'œuvre de colonies de coraux bâtisseurs, qui vivent en symbiose avec des
algues unicellulaires. D'où viennent les rapports étroits qu'entretiennent ces deux partenaires mutualistes ? Pour le savoir, David Miller, de l'Université James Cook du Queensland, en Australie,
Nori Satoh, de l'Institut de science et technologie d'Okinawa, au Japon, et leurs collègues ont séquencé le génome du corail Acropora digitifera et identifié des gènes spécifiques
impliqués dans cette symbiose.

La symbiose corail-algue implique une algue unicellulaire photosynthétique nommé zooxanthelle, qui
vit dans les cellules de l'endoderme (couche cellulaire interne) des polypes qui construisent le corail. Cette association obligatoire profite aux deux partenaires : le corail stimule la
photosynthèse de l'algue, laquelle lui fournit des nutriments tout en favorisant la formation de son squelette calcaire.

Les biologistes qui ont séquencé le génome d'Acropora digitifera ont identifié les quelque
24 000 gènes de cette espèce et les ont comparés avec ceux de l'anémone de mer et d'autres coraux non symbiotiques. Ils ont constaté que les gènes du répertoire immunitaire (de reconnaissance et
de réponse aux agents pathogènes) sont beaucoup plus abondants dans le génome du corail que dans celui de l'anémone de mer ; cela suggère que certains auraient un rôle dans la symbiose. Autre
différence étonnante, Acropora digitifera ne porte pas le gène codant la cystathionine β-synthase, une des enzymes indispensables à la synthèse d'un acide aminé, la cystéine. Or cet
acide aminé important entre dans la composition de nombreuses protéines. Comment le corail se passe-t-il de la possibilité de synthétiser la cystéine ? Les biologistes pensent que c'est l'algue
qui la lui fournit.

L'étude moléculaire de la symbiose se poursuit. On sait que si l'algue symbiote meurt, le corail
blanchit et finit par mourir. Une meilleure compréhension de cette symbiose permettra de mieux comprendre, voire d'éviter, le blanchiment des coraux qui se répand dans les mers
tropicales.....



  Extrait
de la revue pour la Science

 

 

JFH

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